Depuis 1 an, autour moi je n'ai l'impression que d'entendre parler de la Route des Grandes Alpes (RGA). Ayant la chance d'habiter pas très loin de son tracé, je me suis déjà offert à quelques reprises un passage par celle-ci, mais j'ai toujours attendu la possibilité de pouvoir quitter la partie dans la haute-savoie pour découvrir le reste de son tracé...
Je m'inscris au VARP pour participer à l'édition 2011, mais malheureusement la date qui fera l'humanité ne colle pas avec mes autres plans perso (ah, ces femmes...).
Et la, le week-end dernier, je me retrouve seul pour une fois.. Mercredi, la météo annonce un des plus beau et chaud week-end de l'année... La décision est prise, je passerai mon week end la haut!
Mais vendredi soir, après une journée de m*** je dois me changer les idées et appelle un ami pour boire une bière après le boulot... Grave erreur, je rentre à 5h du mat' chez moi. C'est mal barré pour repartir pour attaquer la route. Mais voila que je me réveille à 10h, avec une obsession: partir à l'ascension de la RGA!
Je rassemble mes affaires: carte de la RGA, appareil photo, CB et c'est parti!

A 11h, je pars en direction de Bourg Saint Maurice car la partie d'avant, je commence à bien la connaitre. 30 min d'autoroute et je passe pas Annecy. La, passe devant moi une trentaine de ferrari de toutes générations! Je me glisse dans le cortège pour le contournement du lac en leur compagnie. Puis c'est parti pour une route ch***te (droite). Je suis content d'arriver à Bourg St Maurice ou je me prend un repas qui colle au ventre (pas encore bien remis de la veille...). J'appelle le refuge Napoleon pour réserver une chambre après avoir trouvé le numéro son mon petit iphone. Il est 13h45: réglage du GPS et c'est parti!
Val d'isère

On m'avait prédit beaucoup de traffic et une route grasse: ce sera l'opposé! Finalement, étant seul, je suis flexible sur la route et le traffic me gêne peu. Les routes sont parfaites: propres (il a plu la semaine dernière), pas de cailloux et sèches...
Premier col: Col de l'Iseran (2770m, 14h40).

Je m'arrête, prend une photo du panneau, puis... je suis trop pressé de repartir! Les cols s'enchainent. On descend 1000m pour remonter juste après. Il fait beau, mais surtout il fait chaud, très chaud. Ca cogne sévère et la lolo est à chaque fois contente de retrouver son souffle en descente. Il faut dire que je n'y vais pas avec le dos de la cuillère... Dur de garder son sang froid sur un tel terrain de jeu. Par contre, il faut toujours garder une marge: les autres sur la routes ne sont pas tous habitués à rouler en montagne... Il faut bien garder sa droite et bien avertir avant de doubler! Mais aucune frayeur, tout se passe bien.
Peu de rencontre sur la route. A part des motos, peu de belles autos. Quelques trucs différent par contre (véhicule de l'armée, vieilles autos, etc.)

Je n'aurai pas de moutons sur la route, mais bien sages sur le coté
La lolo en forme

Mais que de beaux paysages!

A 18h, je suis a Briancon. Je commence à sentir la fatigue arrivé. Je fais une petite pause et j'arrive sur la montée pour le col de l'Izoard: oula, une route parfaite. A cette heure la, il n'y a presque plus personne... J'attaque sévère quand il y a de la visibilité, les pneus crissent, la température monte. J'arrive en haut rapidement...

C'était normalement ma dernière montée de la journée car le refuge m'attend en haut. Je re-capote, range mes affaires, regarde les photos et me décide à entrer dans le refuge: il est 19h passé. Et la, j'apprend qu'il y a 2 refuges napoléon sur la RGA, et bien sur, c'est l'autre que j'ai appelé (de toute facon, ils étaient plein depuis longtemps)...
Bon, plus qu'une chose à faire, continuer la route (pas question de faire demi tour, même si il y avait des hotels sympa à Briancon). J'accélère le rythme, car les routes sont presques désertes et les températures plus clémentes. Je m'arrête à un premier hotel, plein. Un deuxième, idem... Ouais bon. Et la, on me dit d'aller à Vars, c'est eux qui ont de la place. 30 min de plus à faire, c'est parti à fond. J'arrive à Vars, encore un hotel plein. Puis je me gare devant une auberge et la je vois une personne sur la terrasse me montrer son porte-clef: Lotus

. Je vais demander s'ils ont de la place: oui! Yes. Je rejoins la personne sur la terrasse: ce sont 3 allemands qui ont pris 10 jours pour faire 4000 kms de petites routes en Lotus S1. On passera la soirée ensemble, génial.
Il faut dire qu'on le même esprit: peu de circuit, et de la petite route qui monte. Ils se sont connus en achetant leurs Lotus en 1999 en même temps... Bien sur, depuis elles ont évolués. Le premier, il a fait soft: toujours 120 ch, mais un peu de travail chassis. Classique. Le deuxième: "j'ai juste greffé un turbo". Ah. "ah oui, et une injection à alcool"... Bon. Le troisième: le moteur ayant laché, il a swappé pour un Honda. "avec ou sans compresseur". "Avec". Ok, bon, la ca envoit du lourd. 300cv pour une S1 toujours aussi légère.
Je me coucherai mort, vers 23h30.
Le matin, je voulais récupéré, mais me voila réveillé par le dout bruit d'un moteur qui ronronne. Arg, plus moyen de me rendormir. Je descend. Ils sont pret à partir...
Je leur dis que je vais chercher mes clefs et on part pour juste un col ensemble (j'ai tout laissé à l'hotel). On chauffe les lolo, puis ascension du col. Encore une belle route...

Arrivé en haut, ils veulent faire une vidéo. Ni une ni deux, j'en profite pour passer en passage de la Honda! La voiture est chaude, on vient de faire la route, ca envoit sévère! Quel souffle. Moi qui est habitué à jouer avec la boite, la, pas franchement besoin. Petite note rigolote. Le stack est d'origine, mais le moteur monte à 8750tr, donc l'aiguille dépasse à chaque accélération.

Je suis aux anges. Si j'avais pu, j'aurai fait le reste de la route dans cette boite à sensation! Mais je dois rentrer.
On m'avait dit que dimanche les routes seront chargées, je profite donc du matin pour continuer vers le sud.
Je voulais être raisonnable car avec 8h de routes fait la veille, je ne pensais pas pouvoir en supporté autant dimanche.

Mais c'est plus fort que moi. Je continue vers le sud encore et toujours.. Il fait trop chaud, je devrai m'arrêter avant l'arrivé au col de Valberg pour faire refroidir la lolo...

La route est brulante, l'air est chaud et les accélérations franches. J'arrive à midi à Valberg. Et la je regarde ou je suis sur l'iphone: quoi, à 1h30 au nord de Nice!!! M***, va falloir remonter.
Je repars après avoir bien mangé, direction Isola 2000. Bah oui, c'est pas une raison pour y aller au plus court non plus

Superbe route, roulante cette fois. Et la je croise mes allemand dans l'autre sens! Mort de rire.

Pause essence à Barcelonnette (dans la même station que 3h au paravent... Sans jamais faire 2 fois la même route). Allez, faut rentrer, direction route Napoleon. Après 15min, je m'apercoit que j'ai oublié mon bouchon d'essence... Demi tour, il m'attendra sagement ou je l'avais laissé. C'est pas ca qui me fera gagner du temps!

Serre Chevalier

J'arrive à Gap. Ce sera le début des routes plus chargées...
Je m'autorise une pause rafraichissement (encore un petit détour) - Lac du Sautet

J'oublie la route napoléon et je me laisse guider par le GPS. Mais je me retrouverai quand même bloqué dans les bouchons avant d'arriver sur l'autoroute.
Crevé, lessivé, j'arrive à 21h30 à la maison après un passage à la station service.

Je charge mes photos, et la je me dis: quand est-ce que je repars?!!!
Résultat des courses:
1150 Kms parcouru entre samedi 11h et dimanche soir (220 kms d'autoroute compris)
100.5L d'essence
Aucune panne ou autre signe de fatigue de la lolo coté mécanique
Un feu longue porté qui s'est pris un cailloux: mort... RIP
Des énormes coup de soleil...
Que du bonheur!
http://maps.google.com/maps?saddr=Saint ... 5,9,14&z=7